mardi 29 avril 2014

Un livre pour les cent ans de Marcelle



Durant trois mois, à raison d’une séance par semaine, nous avons recueilli l’histoire de Marcelle Debuchy, pensionnaire à la Maison de Retraite du Lac à Arles. Et pour ses cent ans, nous lui avons remis son livre… Marcelle a eu 100 ans le 28 avril dernier. Sa mémoire est infaillible. Elle se souvient des poèmes qu’elle apprenait quand elle avait quatre ans, elle se souvient de tout. Marcelle adore la poésie. Elle s’est volontiers prêtée au jeu du récit de sa vie. Chaque semaine, c’était un rendez-vous attendu. Elle réfléchissait à ce qu’elle allait raconter. Elle préparait les séances, et était ravie de nos entretiens… Nous travaillons actuellement dans 3 EHPAD d’Arles: le Lac, Jeanne Calment, et Griffeuille. C’est une aventure humaine passionnante…

lundi 3 février 2014

4 novembre 2013 Bastières

"En 56, quand le Rhône avait gelé, le prêtre nous avait menés jusqu'à son mitan". Divette se souvient de tout ça comme si c'était hier. "La bombe est tombée dans la chambre de mon père!". Elle parle du bombardement du Pont de Trinquetaille en 1945, l'ultime qui a fait sauter le pont, après qu'il ait été loupé pas mal de fois. Sur le pont il y a avait des gens, qui sont tous morts bien sûr.
"Après ils ont fait venir la Jeanne d'Arc, et les gens traversaient le Rhône ainsi". Le fleuve alimente la vie arlésienne. Il est présent dans toutes les conversations. Tout comme la guerre. Ceux qui l'ont vécue, ne l'oublient pas...

17 octobre: foyer Billot

Le petit groupe se réunit au calme. Chacun prend la parole pour évoquer le travail, l'école, la guerre.
Certains souvenirs sont douloureux. Ils en appellent d'autres.
Cette dame était épicière, l'autre fille du cafetier. Elles en connaissent un bout sur la vie et les moeurs locales.
Les hommes qui boivent. les fêtes sont là pour ça: fête votive, feria...
Fikri, l'animateur du CCAS, est toujours très attentif à la parole des participants.
J'enregistre, je filme, je retranscris...Je suis à l'écoute...





Salin de Giraud

Faisons un tour de cette curieuse cité ouvrière où il y avait deux usines, deux clans, dont aujourd'hui les habitants semblent être les orphelins.
Car si les usines ont fait les beaux jours de Salin, depuis plusieurs années, la crise étant passée par là, elles ne tournent plus, ou si peu.
Salin de Giraud est né la soude et du sel, longtemps exploités par des ouvriers dont on me raconte des récits très durs. Des conditions de travail épouvantables, les pieds rongés par le sel. Des patrons très paternalistes qui ont construit les cités ouvrières, et pensé au dispensaire où les gamins allaient se faire soigner les dents, ou se faire piquer des vaccins obligatoires. Les Grecs qui ont construit une église orthodoxe dans des anciens baraquements laissés par les Américains après guerre. La nouvelle église catholique, elle aussi construite pour permettre aux ouvriers de cette confession, venus d'Italie, d'Espagne et de France, de se rendre au culte. Les bistrots, bien sûr où l'on se retrouve pour boire un coup, et jouer aux cartes. Les arènes qui sont là pour fédérer autour de la culture locale...
Et puis tous ceux qui vont à la pêche, et à la chasse dans les grands espaces voisins. La mer si proche, les étangs omniprésents.
Ceux qui sont d'ici, ceux qui viennent d'ailleurs. Des guerres sourdes de clochers.








16 octobre à Belmondo

Il y a toujours un peu de brouhaha dans le foyer. Avec José, nous nous tenons à l'écart. Il me raconte sa jeunesse de boxeur. On l'appelait "le Marseillais". Il faisait aussi de la moto, et me parle du circuit lors de la fête de Trinquetaille. Il allait chercher sa future épouse sur sa Motobécane BSA. Puins quand il s'est marié il s'est acheté une Triumph! . Depuis il a vécu toutes les guerres, les inondations, la maladie...
Il est né rue Michelet, en 1929. Il se souvient des bombardements des Américains, pendant la guerre. Ce sont eux qui ont fait sauter le pont de Trinquetaille. Il avait attrapé la gale du pain. C'est un officier allemand qui l'a soigné. C'est lui aussi qui l'a orienté vers un travail de mécano dans un garage. Pendant la guerre, il déchargeait des sacs de ciment à la gare. Après le premier bombardement en 43, les enfants n'allaient plus à l'école. La Gestapo les réquisitionnait pour aller balayer les routes...
Une dame très discrète me raconte comment elle a passé toute sa vie aux Nouvelles Galeries, un monument arlésien! Elle allait faire les achats des derniers vêtements à la mode à Paris. Les Nouvelles galeries à Arles, c'était quelque chose! Ce magasin aujourd'hui disparu, est tout empreint de nostalgie.
Une autre dame me raconte son enfance près du château d'Avignon. Son mari qui travaillait dur dans les champs. Le petit train qu'elle prenait pour venir à Arles. Train qui lui non plus, n'existe plus.
Au fur et à mesure chacun se remémore ses souvenirs.J'enregistre et je retranscrirai plus tard l'ensemble de ces précieux témoignages.

mardi 7 janvier 2014

10 octobre 2013 avec Jeanne au Faraman


J'avais promis à Jeanne de l'emmener au Phare de Faraman, là où elle est née. J'ai réussi à goupiller une excursion là-bas, grâce à un ami photographe qui est né à Salin de Giraud, et son père qui connaît les lieux comme sa poche. C'est grâce à Fabrice que j'ai eu un contact avec les techniciens des Phares et Balises, qui seront là aujourd'hui, et pourront nous ouvrir l'antre du gardien des mers...
J'ai rendez-vous avec Jeanne à 8h à Arles. Elle est ponctuelle, et heureuse. Nous roulons pendant une bonne demi-heure avant d'atteindre l'entrée des salins qui nous donne accès au phare. L'émotion est au rendez-vous. De cette journée extraordinaire, je conserve précieusement le récit, qui sera donné à lire plus tard...






séance du 7 octobre 2013: Mas Thibert



Nous nous retrouvons au foyer des Anciens, installé dans l'ancienne école: celle où sont allées certaines des personnes qui sont présentes. Il y a même parmi elles, une ancienne institutrice, invitée au pied levén qui s'y connaît parfaitement bien en histoire, et en histoire locale. Brigitte Meffre, la soeur de Ida Masini, la responsable du foyer, va nous raconter tout ce qu'elle sait de la vie de Mas Thibert. Ainsi chacun y va de ses souvenirs au fil de son histoire.



On me dit qu'il faut que j'aille voir l'arbre séculaire près du Rhône là-bas. J'irai de ce pas en quittant la séance. Il fait beau. J'ai accumulé dans ma mémoire centrale un tas d'informations que je coucherai plus tard par écrit.