lundi 3 février 2014

17 octobre: foyer Billot

Le petit groupe se réunit au calme. Chacun prend la parole pour évoquer le travail, l'école, la guerre.
Certains souvenirs sont douloureux. Ils en appellent d'autres.
Cette dame était épicière, l'autre fille du cafetier. Elles en connaissent un bout sur la vie et les moeurs locales.
Les hommes qui boivent. les fêtes sont là pour ça: fête votive, feria...
Fikri, l'animateur du CCAS, est toujours très attentif à la parole des participants.
J'enregistre, je filme, je retranscris...Je suis à l'écoute...





Salin de Giraud

Faisons un tour de cette curieuse cité ouvrière où il y avait deux usines, deux clans, dont aujourd'hui les habitants semblent être les orphelins.
Car si les usines ont fait les beaux jours de Salin, depuis plusieurs années, la crise étant passée par là, elles ne tournent plus, ou si peu.
Salin de Giraud est né la soude et du sel, longtemps exploités par des ouvriers dont on me raconte des récits très durs. Des conditions de travail épouvantables, les pieds rongés par le sel. Des patrons très paternalistes qui ont construit les cités ouvrières, et pensé au dispensaire où les gamins allaient se faire soigner les dents, ou se faire piquer des vaccins obligatoires. Les Grecs qui ont construit une église orthodoxe dans des anciens baraquements laissés par les Américains après guerre. La nouvelle église catholique, elle aussi construite pour permettre aux ouvriers de cette confession, venus d'Italie, d'Espagne et de France, de se rendre au culte. Les bistrots, bien sûr où l'on se retrouve pour boire un coup, et jouer aux cartes. Les arènes qui sont là pour fédérer autour de la culture locale...
Et puis tous ceux qui vont à la pêche, et à la chasse dans les grands espaces voisins. La mer si proche, les étangs omniprésents.
Ceux qui sont d'ici, ceux qui viennent d'ailleurs. Des guerres sourdes de clochers.








16 octobre à Belmondo

Il y a toujours un peu de brouhaha dans le foyer. Avec José, nous nous tenons à l'écart. Il me raconte sa jeunesse de boxeur. On l'appelait "le Marseillais". Il faisait aussi de la moto, et me parle du circuit lors de la fête de Trinquetaille. Il allait chercher sa future épouse sur sa Motobécane BSA. Puins quand il s'est marié il s'est acheté une Triumph! . Depuis il a vécu toutes les guerres, les inondations, la maladie...
Il est né rue Michelet, en 1929. Il se souvient des bombardements des Américains, pendant la guerre. Ce sont eux qui ont fait sauter le pont de Trinquetaille. Il avait attrapé la gale du pain. C'est un officier allemand qui l'a soigné. C'est lui aussi qui l'a orienté vers un travail de mécano dans un garage. Pendant la guerre, il déchargeait des sacs de ciment à la gare. Après le premier bombardement en 43, les enfants n'allaient plus à l'école. La Gestapo les réquisitionnait pour aller balayer les routes...
Une dame très discrète me raconte comment elle a passé toute sa vie aux Nouvelles Galeries, un monument arlésien! Elle allait faire les achats des derniers vêtements à la mode à Paris. Les Nouvelles galeries à Arles, c'était quelque chose! Ce magasin aujourd'hui disparu, est tout empreint de nostalgie.
Une autre dame me raconte son enfance près du château d'Avignon. Son mari qui travaillait dur dans les champs. Le petit train qu'elle prenait pour venir à Arles. Train qui lui non plus, n'existe plus.
Au fur et à mesure chacun se remémore ses souvenirs.J'enregistre et je retranscrirai plus tard l'ensemble de ces précieux témoignages.

mardi 7 janvier 2014

10 octobre 2013 avec Jeanne au Faraman


J'avais promis à Jeanne de l'emmener au Phare de Faraman, là où elle est née. J'ai réussi à goupiller une excursion là-bas, grâce à un ami photographe qui est né à Salin de Giraud, et son père qui connaît les lieux comme sa poche. C'est grâce à Fabrice que j'ai eu un contact avec les techniciens des Phares et Balises, qui seront là aujourd'hui, et pourront nous ouvrir l'antre du gardien des mers...
J'ai rendez-vous avec Jeanne à 8h à Arles. Elle est ponctuelle, et heureuse. Nous roulons pendant une bonne demi-heure avant d'atteindre l'entrée des salins qui nous donne accès au phare. L'émotion est au rendez-vous. De cette journée extraordinaire, je conserve précieusement le récit, qui sera donné à lire plus tard...






séance du 7 octobre 2013: Mas Thibert



Nous nous retrouvons au foyer des Anciens, installé dans l'ancienne école: celle où sont allées certaines des personnes qui sont présentes. Il y a même parmi elles, une ancienne institutrice, invitée au pied levén qui s'y connaît parfaitement bien en histoire, et en histoire locale. Brigitte Meffre, la soeur de Ida Masini, la responsable du foyer, va nous raconter tout ce qu'elle sait de la vie de Mas Thibert. Ainsi chacun y va de ses souvenirs au fil de son histoire.



On me dit qu'il faut que j'aille voir l'arbre séculaire près du Rhône là-bas. J'irai de ce pas en quittant la séance. Il fait beau. J'ai accumulé dans ma mémoire centrale un tas d'informations que je coucherai plus tard par écrit.

lundi 6 janvier 2014

séance du 26 septembre au foyer Barailler

La séance se déroule en présence de Mathilde, une stagiaire qui a une formation de bibliothécaire. C'est elle qui prend les photos et enregistre les petits films.
Ce jour-là, tout le monde parle spontanément de sa vie, de son enfance, à Port Saint Louis du Rhône, à Arles. Mireille nous parle aussi de ses vacances à Beauduc, libre, et pas très habillée. Bien loin du voyeurisme, elle parle de la liberté d'être et de prendre le soleil, se baigner, vivre de belles vacances.
On évoque l'industrialisation du bassin de Fos sur Mer, la construction des usines, l'arrivée des travailleurs venant du Nord de la France, la façon dont le territoire évolue, et la manière que l'on a de repousser les habitations existantes pour les installer les usines. Certains déménagent plusieurs fois. Leurs maisons sont réquisitionnées.
On évoque la pêche, les recettes de soupe ou de la bouillabaisse. Le pistou, l'aïoli. Chacun y va de sa recette.








Beaucoup de gaité et de spontanéité lors de cette séance très décontractée et amicale.


séance du 18 septembre avec Jeanne

Jeanne me raconte son enfance libre au phare de Faraman. Les flamands roses qu'elle effarouche gentiment en tapant dans ses mains. L'avion tombé du ciel et abandonné sur le sable, dans lequel elle fera le tour du monde avec son frère. Les bâtons de réglisse chipés dans ce qu'elle appelle les champs de réglisses. La brume dans laquelle elle se perd, la mousse d'eau salée dans laquelle elle joue les jours de grand vent.
C'est promis, nous irons faire un tour là-bas, un de ces jours...